
Le slow play est, avec le bluff, une des techniques les plus dangereuses au poker. Le débutant se perd souvent dans ses enjeux et son utilité. Le principe est simple, faire payer une cote à son adversaire moins cher que son prix normal en vue de le ratisser un peu plus tard. Cette technique est dangereuse dans la mesure où elle peut vous amener parfois à être battu sur la turn ou la river dans ce cas, le dur prix à payer est souvent de devoir jeter ses cartes, à regret certes, mais à les jeter quand même.
Si vous floppez un full par exemple, vous aurez souvent plus envie de cacher cette main en envoyant de fausses informations que de relancer à la hauteur de votre jeu immédiatement. Et c’est bien naturel ! Et pourtant, qui vous dit que votre adversaire ne fait pas déjà un brelan et que la rivière ne lui apportera pas le full supérieur ?

Certaines mains sont dès lors plus propices au slow play que d’autres : carré, full max, flush max, quinte flush, et parfois brelan sur flop à 3 couleurs sans tirage suite. D’autres beaucoup moins, une quinte ne s’améliore pas, il faut le savoir. Ce ne sont pas des mains à slow player car d’une part vous pouvez vous retrouvez en face de la quinte supérieur mais dès qu’une carte double sur le board il faut craindre le carré ou le full caché (pockets pairs en main). De même la flush back door vous mène droit à la catastrophe. Un exemple simple : vous avez la suite au flop, mais il y a deux cœurs sur le board. Si vous laissez une bonne cote à votre adversaire, il va courir après sa flush. S’il l’obtient, il l’aura eu à bon prix et c’est vous le grand perdant. Mais s’il ne la touche pas, il ne paiera jamais votre value bet à la river, et dans ce cas là aussi, vous êtes perdant, car en lui laissant voir les cartes suivantes pour peu cher, vous le rendez largement profitable sur le long terme. En gros vous n’avez rien à gagner Voici ce qu’on peut appeler un cas d’école :
Stu Ungar est à son dernier tournoi, le wsop 1997. Il reste six joueurs et il est chip leader avec plus de 1000K. Stanley a un tapis de 850K et Strezmp a un petit tapis. Stanley relance a 45K, Ungar suit au bouton, de même que Strezmp au surblind. Le flop AK3. Les trois joueurs checkent. La turn : carte quelconque. Strzemp checke, Stanley ouvre a 45K , Ungar colle et Strezmp fold. La river vient, encore une carte anodine, Strezmp ouvre à 150K, Stu paie et gagne en ayant touché sa deuxième paire à la river contre le AQ de Stanley qui slow playait depuis le début et a pour le coup laissé Stu toucher sa deuxième paire à la river.
J’utilise généralement une alternative assez puissante au slow play. De nombreux joueurs ont tendance à être agressif quand ils bluffent et à slow player quand ils ont les nuts (la grosse main). Je joue agressif sur les deux terrains et ainsi, je fais croire le bluff tout en protégeant ma main. C’est le style de jeu qu’utilise par exemple Gus Hansen.

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Pour le gus mode faudra que je te montre c’est un nouveau truc perso mdr